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Fenêtre sur cour

  • Mieux éclairer la stratégie énergétique

    Le caractère peu intégré de la gouvernance des politiques de soutien aux EnR nuit à la cohérence de la stratégie énergétique nationale. Les structures intervenant dans le champ des EnR et celles intervenant dans les autres champs de la politique énergétique, notamment le nucléaire, fonctionnent en silo. Cette étanchéité contrarie l’émergence d’une vision consolidée sur ces sujets dont l’articulation est pourtant essentielle à la cohérence de la politique énergétique. En matière de gouvernance, les questions relatives à la production nucléaire se traitent en dehors des instances de gouvernance précédemment citées ; la stratégie est arrêtée à haut niveau et en lien direct avec les grands énergéticiens. Ils émergent notamment au sein du conseil de politique nucléaire créé en 2008 et présidé par le Président de la République. Même au sein du champ des énergies renouvelables, une étanchéité existe entre les structures compétentes et les outils de financement dédiés aux EnR électriques (CRE, CSPE) et celles et ceux fléchés vers les EnR thermiques (ADEME, fonds chaleur). Parmi l’ensemble des structures précédemment citées, aucune n’est réellement en mesure d’éclairer le gouvernement sur l’ensemble des enjeux relatifs à l’avenir de la politique énergétique, y compris le nucléaire et la chaleur alors qu’il serait nécessaire de construire des scenarii comprenant les questions de réseaux et de stockage, des projections de coûts ou encore des analyses portant sur les problématiques industrielles associées au développement des EnR. Ce type d’instances de réflexion et d’aide à la décision existe pourtant dans d’autres secteurs de politiques publiques à l’image du conseil d’orientation des retraites (COR) opérant dans le champ social. Les enjeux liés à ces deux politiques publiques ne sont d’ailleurs pas si éloignés : enjeux financiers publics de long terme, multiplicité des parties prenantes, technicité de la réalisation de scenarii prospectifs, etc. La constitution d’un comité pérenne de concertation et de programmation de la politique énergétique apparaît donc souhaitable. Elle se réaliserait au travers d’une nécessaire rationalisation des structures déjà existantes. Cette nouvelle instance pourrait utilement opérer la synthèse de travaux réalisés par les différents opérateurs et structures intervenant dans le champ des EnR (ADEME, CRE, RTE, etc.) et associer en son sein des membres de l’administration et des industriels. Sa mise en place pourrait se faire selon des modalités différentes, en faisant évoluer le cas échéant les structures déjà existantes. Ainsi pourrait-il être envisagé d’élargir les missions et la composition du comité d’experts pour la transition énergétique et de le rattacher aux services du Premier ministre, ou d’étendre les missions du conseil de politique nucléaire aux énergies renouvelables pour faire émerger un véritable conseil de politique énergétique.

  • O capitaine... en montgolfiere

    « Je monte sur mon bureau pour ne pas oublier qu'on doit s'obliger sans cesse à tout regarder sous un angle différent ». Tels étaient les mots du professeur Keating, dans le Cercle des poètes disparus. Force m'est de constater qu'il avait raison. On passe parfois à côté des choses à force de les voir chaque jour sous le même angle. J'ai eu l'occasion de m'en rendre compte la semaine dernière, lorsque je me suis rendu à Strasbourg chez des amis pour y réaliser une expérience plutôt originale : redécouvrir la ville depuis le ciel à l'occasion d'un vol en montgolfière. J'ai habité à Strasbourg pendant quelques années (même si cela commence à remonter à loin), et connaissais la cathédrale par coeur, après être passée chaque jour devant pendant deux années consécutives. En tout cas, je croyais la connaître. Pourtant, force m'est d'admettre que je l'ai redécouverte depuis les airs, et qu'elle m'a à nouveau frappé par son incroyable architecture. Et pour cause ! Cette cathédrale ne manque pas d'originalité ni d'ambition. Elle fut après tout pendant deux siècles le bâtiment le plus haut du monde. Bâtie sur le site d'une série d’églises antérieures, elle fut construite de 1225 à 1439. En 1521, elle devint cathédrale protestante (lorsque le vent de la Réforme souffla sur l’Allemagne) pour retourner à la foi catholique lorsque Strasbourg fut rattaché à la France en 1681. Les styles de sa structure varient : on y remarque quelques éléments romans autour du chœur et du portail sud, alors que l’imposante façade occidentale est délibérément gothique. Cette progression architecturale fut hâtée par l'embauche, en 1225, d’une équipe de maçons et d'architectes qui venaient d’acquérir une sérieuse expérience en travaillant sur ce chef-d’œuvre gothique qu’est la cathédrale de Chartres. Remarquable par ses vitraux, par son baptistère gothique et par les milliers de sculptures décorant sa façade occidentale, le bâtiment l'emporte pourtant d’abord sur un tout autre critère : sa taille. Avec ses 142 m de haut, la cathédrale fut la championne du monde de l'altitude de 1625 à 1847. La tour nord offre une vue extraordinaire sur le Rhin et sur les monts des Vosges, à 20 km à l’ouest de la ville, et sur la Forêt- Noire, à 25 km à l’est. La cathédrale est également célèbre pour son horloge astronomique, qui marque non seulement l’heure mais aussi le mouvement des planètes, la date des fêtes mobiles telles le dimanche de Pâques, etc. L’horloge actuellement visible sous les voûtes de la cathédrale est certes récente, puisqu'elle date seulement du milieu du XIXe siècle. Mais elle conserve certains éléments des mécanismes qui l'ont précédée (dont le musée strasbourgeois des Arts décoratifs présente les cadrans et les ornements, soit dit en passant). L'horloge, outre ses fonctions traditionnelles, anime une série d’automates. Ceux-ci se mettent en mouvement tous les jours à 12 h 30. On peut y voir les âges de l’Humanité passer devant la Mort et les apôtres défiler devant le Christ. Je pense que pour mon prochain vol en montgolfière, je tenterai l'expérience au-dessus de ma région. Je suis curieux de savoir ce que cela donnera. A lire sur le site de cette expérience de vol en montgolfière à Lille Bondues.

  • Un modèle lyonnais en matière de santé ?

    L’exemple du modèle lyonnais démontre que la France a, par la mobilisation de ses territoires, la capacité à être une terre d’innovation en santé. En effet, le dynamisme et le rayonnement de la métropole lyonnaise en matière de santé et de sciences du vivant se sont construits au fur et à mesure des années, en capitalisant tout d’abord sur une expertise établie dans ce domaine, et des acteurs historiques solidement implantés. Au premier rang de ces acteurs établis figurent deux entreprises lyonnaises qui constituent des fleurons mondiaux de leurs secteurs respectifs et ont représenté près de deux milliards d’euros d’investissements depuis 2005 dans la région de Lyon : • BioMérieux. Spécialisé dans le diagnostic in vitro, leader mondial en microbiologie et application industrielle, BioMérieux a été fondé en 1963, compte près de 10 000 collaborateurs à travers le monde et réalise plus de deux milliards d’euros de chiffre d’affaires. Le siège de sa maison-mère, l’Institut Mérieux, se situe au cœur de Lyon. • Sanofi Pasteur. Leader mondial du vaccin avec une part de marché atteignant 20 % en 2014, Sanofi Pasteur compte 15 000 collaborateurs au niveau global, et réalise un chiffre d’affaires de 4,6 milliards d’euros. Issu de l’Institut biologique Mérieux créé en 1897 à Lyon, Sanofi Pasteur fait aujourd’hui partie du champion français de l’industrie pharmaceutique, Sanofi. Lyon est d’ailleurs le premier centre de production de vaccins au monde. Forte de l’implantation historique de ces acteurs industriels majeurs, la région lyonnaise s’est développée dans les sciences du vivant en mobilisant en parallèle l’ensemble des intervenants en santé, au premier rang desquels : • les sociétés pharmaceutiques et biomédicales (vaccin, infectiologie, diagnostic, dispositifs médicaux), notamment les acteurs lyonnais établis mentionnés plus haut ; • un tissu d’entreprises innovantes à la pointe de leur domaine, à l’image de Maat Pharma, spécialisé dans le microbiote, et installé dans le quartier de Gerland à Lyon ; • le monde universitaire et académique : deux facultés de Médecine (Lyon Est et Lyon Sud), des écoles d’ingénieurs (INSA), une École normale supérieure avec des formations en biologie ou en chimie, un Conservatoire National des Arts et Métiers, etc. ; • le deuxième CHU de France : les Hospices Civils de Lyon (HCL) qui comptent 14 établissements hospitaliers, pilotent plus de 1 000 essais cliniques tous les ans, sont dotés d’un budget annuel de 1,7 milliard d’euros, et comptent 23 000 professionnels dont 5 000 médecins ; • un tissu complété par un réseau de sous-traitants et partenaires, comme les Contract Research Organization (CRO) qui mettent en œuvre les essais cliniques pour le compte des entreprises, les Contract Manufacturing Organization (CMO), qui produisent les produits pharmaceutiques. Ils sont indispensables au développement d’un écosystème favorable à l’émergence et au transfert de l’innovation ; • le premier fonds d’investissement européen spécialisé en santé, Archimed, qui a installé son siège à Lyon. La santé est donc progressivement devenue un secteur majeur de l’activité économique lyonnaise, représentant 58 770 emplois à l’échelle du Grand Lyon (près de 10 % du nombre total d’emplois dans le secteur privé).